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LF 2026 : prorogation et aménagement du crédit d’impôt industrie verte (C3IV)
L'article 39 de la loi de finances pour 2026 proroge le C3IV jusqu'au 31-12-2028 et en modifie certains paramètres afin d'adapter ce crédit d'impôt au nouvel encadrement européen des aides d'État en faveur de l'industrie.
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LF 2026 : création des JEI à impact et prorogation des exonérations d’impôts locaux
La loi de finances pour 2026 crée une catégorie temporaire de jeunes entreprises innovantes à impact, réservée aux PME d'utilité sociale ou de l'économie sociale et solidaire. Les exonérations d'impôts locaux sont parallèlement prorogées pour les entreprises créées jusqu'au 31-12-2028.
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Facturation électronique : de nouveaux aménagements et des sanctions alourdies
À quelques mois de la première échéance de la généralisation de la facturation électronique (1-9-2026, ou 1-12-2026 au plus tard si un décret le prévoit), l’article 123 de la loi de finances pour 2026 apporte des aménagements.
Un ancien dirigeant est tenu de restituer tous les documents sociaux qu’il détient
Le juge des référés peut ordonner à un ancien dirigeant de restituer les documents sociaux, administratifs et comptables lorsque cette obligation de restitution n’est pas sérieusement contestable.
Les faits
Trois sociétés poursuivent en référé leur dirigeant et son épouse, qui tenait la comptabilité des sociétés grâce à un logiciel appartenant à l’une d’elles, afin d’obtenir la restitution des documents administratifs, sociaux et comptables relatifs aux exercices précédant la cessation de son mandat.
La Cour de cassation censure la décision d’une cour d’appel ayant jugé qu’il n’y avait pas lieu à référé. En effet, depuis la cessation de ses fonctions de dirigeant des trois sociétés et la fixation de leurs sièges sociaux en un lieu autre que son domicile, le dirigeant avait conservé par-devers lui divers documents sociaux, administratifs et comptables, ce dont il résultait qu’il était tenu à une obligation non sérieusement contestable de les restituer aux sociétés. En outre, l’ancien dirigeant et son épouse avaient uniquement produit les documents sociaux et comptables relatifs au dernier exercice social du mandat, ce dont il résultait qu’ils n’avaient pas restitué l’intégralité des documents des sociétés en leur possession.
À noter
Pour rappel, le président du tribunal judiciaire ou de commerce peut toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire (CPC, articles 835 et 873).
Lors de son départ, l’ancien dirigeant doit remettre à son successeur l’ensemble des documents sociaux nécessaires à l’administration de la société (Cass. com. 6-5-1991 no 89-16.900). Ces documents incluent notamment les livres et registres sociaux, la comptabilité et les pièces justificatives, les procès‑verbaux et les correspondances professionnelles. Ils doivent être restitués sans délai à la société dès la fin du mandat du dirigeant, toute rétention fautive engageant la responsabilité extracontractuelle du dirigeant sortant (CA Paris 9-12-2022 no 20/16171).
Le juge des référés peut ordonner à un ancien dirigeant de restituer les documents sociaux. Afin de garantir l’effectivité de la mesure, il peut assortir l’ordonnance d’une astreinte (pénalité par jour de retard) et, en cas de difficulté, désigner un mandataire de justice pour récupérer ou organiser la remise des documents. À l’appui de son assignation, la société devra apporter des éléments concrets démontrant que l’ancien dirigeant détient les documents réclamés.
L’ancien dirigeant peut s’opposer à la demande mais sa contestation doit être sérieuse pour faire obstacle à la mesure de référé. La cour d’appel de Paris a jugé qu’il revient à l’ancien dirigeant se trouvant encore en possession de documents appartenant à la société de justifier, avec l’évidence requise en référé, d’un titre ou de sa qualité ou d’un pouvoir lui permettant de les détenir par-devers lui depuis la fin de son mandat social (CA Paris 29-1-2016 no 15/07142 ; CA Paris 9-12-2022 no 20/16171).
Cass. com. 26-11-2025 n° 24-18.693
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